Articles

Affichage des articles du juin, 2026

Au rythme du soleil

  Au rythme du soleil Notre journée commence quand la plaine dort encore. 4 h 30, parfois 5 heures. On part dans la nuit, et bien souvent on rentre quand elle revient, vers 20 heures.  Entre les deux, il y a les routes de la vallée, les portes qu’on pousse, les visages qu’on retrouve. Et au-dessus de tout cela, il y a le ciel, celui qui décide, ici, du rythme de nos journées. Car à Solliès-Pont, on ne soigne pas hors-sol. Nous sommes dans la plaine, cette belle plaine cultivée du Gapeau où poussent les fruits et les légumes, et l’on vit avec les saisons comme les arbres qui nous entourent.  L’été, dès 9 h 30, le thermomètre grimpe au sud de 30 degrés. On boit des litres d’eau, on enchaîne les visites sous un soleil qui ne pardonne pas, parfois avec le vent qui assèche tout. Le soir, l’organisme est exténué d’avoir séjourné dehors.  L’automne et l’hiver apportent la pluie battante et les rafales ; la clim chaude au petit matin, la clim froide l’après-midi venu. Notr...

Le Seuil

Le seuil...  Il y a un geste que je fais des dizaines de fois par jour, et qui n’est inscrit dans aucun protocole : je m’arrête devant une porte.  Avant de soigner, j’entre. Et entrer chez quelqu’un n’a rien à voir avec pousser la porte d’une chambre d’hôpital. À l’hôpital, c’est le patient qui arrive dans notre monde : nos horaires, nos rythmes, nos blouses. À domicile, c’est l’inverse : c’est moi qui arrive dans le sien. Je ne suis pas chez moi. Je suis reçu.  Beaucoup de mes patients m’ont confié leurs clés. Un petit trousseau qui change tout. On ne mesure pas, je crois, ce que représente le fait de remettre la clé de chez soi à quelqu’un. C’est dire : entre, même quand je ne peux pas t’ouvrir, même quand je dors, même quand je ne suis plus tout à fait capable de venir jusqu’à la porte. C’est une confiance qui se passe de mots.  Alors je franchis le seuil avec une règle que je me suis donnée : être présent, mais jamais de trop. Passer deux ou trois fois par jour c...